Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04 octobre 2008

PANIC

panic.jpgde Henry Bromell


avec William H. Macy, Neve Campbell, Donald Sutherland, John Ritter, Barbara Bain, Tracey Ullman, Bix Barnaba, David Dorfman, Tina Lifford...

 


Comédie dramatique / Etats-Unis (2000)

 


Voici de nouveau un film indépendant néanmoins présenté en compétition au Festival de Deauville 2000.


L'histoire nous raconte la vie d'un cinquantenaire, Alex (William H. Macy), dont le principal métier est tueur à gages. Initié et formé par son père (Donald Sutherland), il n'a jamais pu se défaire de son emprise. Tout au long de son existence, son père lui a dicté comment se comporter, comment mener sa vie, Alex ne s'est jamais trouvé libre de ses choix. Il veut cependant sortir de tout ça, choix que son père désapprouve et ne lui permet pas. Pour tenir le coup, Alex décide de consulter un psychologue, dans la salle d'attente, il rencontre une jeune femme en apparence sure d'elle mais finalement paumée (Neve Campbell). Une histoire naît entre eux, mais dans l'ombre, puisqu'Alex est marié et a un fils. C'est alors que son redoutable père, ayant appris pour les visites chez le psychologue, décide indirectement d'engager un contrat sur ce dernier...


Visuellement, la réalisation est esthétique, très élégante, et cela malgré un budget serré. Les personnages sont tous torturés : on a toujours décidé pour eux et ils n'ont jamais été libres de leurs choix. Quand ils s'écartent de ce chemin tracé, ils perdent pieds et sont contraints à la fatalité. Le film nous dépeint des destins dont la mélancolie a toujours été là, d'ailleurs cette impression de mélancolie est ressentie tout au long du film jusque dans le dosage de l'humour noir. Les personnages vivent en se persuadant que tout va bien en apparence, mais par derrière ils voulaient et veulent autre chose que le destin ne leur apporte pas. C'est pourquoi lors de la rencontre des deux personnages chez le psy, une romance n'est pourtant pas évidente au premier abord, et pourtant elle va naître par ce désir de vivre autre chose et d'être avec quelqu'un qui connaît la même situation, les mêmes envies. Lui voit en elle, la jeunesse, l'ivresse et la passion de ses 20 ans, et elle voit en lui le père qu'elle n'a pas eu, un père qui la comprend puisqu'Alex traverse les même crises existentielles. Chacun trouve dans le malheur de l'autre une façon de se reconnaître et de fuir une solitude, de fuir cette vie de frustration. Je pense que le film traite en fait de la question "sommes nous condamnés par l'éducation que l'on a reçue et notre destin dépend-il de cela" à chacun d'y voir sa réponse et sa réflexion des choses, le film n'est que la vision d'un possible point de vue parmi d'autres.


En bref, un film plein d'émotion flirtant avec le polar noir, personnages magnifiés par une photo impeccable, 1h30 de belle mélancolie ou chacun peut y trouver lors de la vision une partie de lui même.

 

Xavier

 

 

29 septembre 2008

THE KILLER

killer.jpgde John Woo


avec Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sally Yeh, Kenneth Tsang, Chu Kong, Shing Fui On, Barry Wong...picto_16ans.gif

 


Action / Hong-Kong (1989)

 


THE KILLER que tout bon aficionado de films H.K. et de John Woo connaît. Il s’agit là du film qui l’a fait connaître au monde entier, un film culte, un chef d’œuvre du genre.


Le film nous narre l’histoire d’un tueur à gages (Chow Yun-Fat) qui pense à prendre sa retraite. Lors de son dernier contrat, il blesse accidentellement aux yeux une chanteuse qu’il avait l’habitude d’écouter dans son club favori. Il lui faut absolument un autre contrat afin de pouvoir lui payer une greffe de cornées, cependant sa tête est mise à prix. Il va devoir se sortir de cette situation tout en honorant sa promesse de réunir la somme pour racheter sa faute auprès de la chanteuse.


Si la teneur du film est résolument très violente, le ton n’en demeure pas moins romantique et rempli de bons sentiments. Les thèmes de prédilection de John Woo sont tous réunis dans ce film : le flic du côté du bien mais avec une fascination pour ce tueur, ne sachant plus très bien par moment où se placer, la mélancolie, l’amitié "à la vie à la mort", la musique (soit le héros en joue soit il en est passionné). Les symboles aussi sont là avec les colombes, l’église, le héros habillé tout de blanc symbole de pureté face à tous ceux qu’il va tuer car eux le méritent…


Visuellement les fusillades sont orchestrées au millimètre avec des ralentis, des accélérés, les mouvements de caméra propres au style John Woo sont amples nous décrivant les espaces de façon précise et les plans sont parfaitement cadrés.


Beaucoup n’y verront qu’un lot d’invraisemblance où le héros se prend des tonnes de balles sans faiblir ni mourir, mais ce n’est pas là le principal, il faut voir et accepter cet aspect de la violence au second degré, le héros est là pour être un héros au sens propre du terme, c’est à dire invincible, presque indestructible, arrosant à tout va tout ce qui bouge et qui le menace à l’aide de munitions quasiment illimitées. Les situations s’enchaînent, les décors sont différents, le film est très bien monté (malgré quelques problèmes d’enchaînement de séquences que l’on pardonnera), tout va crescendo avec quelques moments contemplatifs, le temps de se poser, de souffler et d’avoir droit à quelques réflexions sur l’amitié, l’amour, la destinée, certes un peu cliché mais c’est le propre du cinéma asiatique. Réflexions naïves qui passent beaucoup mieux à l’écran car magnifiées par un visuel et une esthétique des plus raffinés.


Un film de "gunfights" devenu une référence dans ce genre cinématographique.


A noter que l’édition H.K. Vidéo est la meilleure niveau qualité d’image et de son que l’on puisse trouver sur le marché, "H.K. Vidéo" a fait un très gros travail de restauration. Disponible également avec le DVD une version longue qui nous montre que John Woo au départ tendait plus à se diriger vers le polar noir et l’enquête policière que le film d’action que nous connaissons.

 

Xavier